mardi 8 mai 2012

GR 107 - Le chemin des Bonshommes

Le GR 107 traverse des lieux d'histoire et d'espaces naturels : il suit le Chemin des Bonshommes qui a été, du XIe au XVIe siècle, un axe économique important unissant l'Ariège et le Berguedà, en terres catalanes. Le sentier permet entre autres de visiter les sites cathares de Roquefixade, Montségur, Montaillou en Ariège.

Il s'agissait aussi d'un itinéraire d'exil, pour les derniers cathares fuyant l'Inquisition, refusant le reniement de leur foi et la mort, pour aller chercher refuge en Catalogne. Côté espaces naturels, les réserves naturelles d'Orlu et de la Sierra de Cadi sont sur le parcours.


Le temps des doutes

Au détour de l'an Mil, la vieille Eglise occidentale n'en finissait pas de repousser les tentatives de réforme. Nombreux étaient ceux qui voulaient revenir aux préceptes fondamentaux du Christ et rejetaient ouvertement la liturgie et le pesant protocole de l'Eglise officielle. Ce fut le temps des "nouveaux apôtres" : moines défroqués ou laïques enflammés, des hommes s'en allèrent pat les chemins pour clamer les valeurs de l'Evanggile à un peuple en quête de modèles de sainteté. La Plupart d'entre eux durent se résigner face au mur de l'intolérance, mais certaines idées survécurent à leurs instigateurs et prirent racine dans l'esprit de leurs contemporains, pour se mettre à croître et embellir...

Proches des gens de leur siècle, sachant répondre à leurs angoisses et à leurs doutes, ces "Bonshommes" ou "Bons Chrétiens", comme ils plaisaient à se faire nommer, firent de nombreux adeptes par leur seule force de la parole et de l'exemple. Incapable de fournir une réponse adaptée, l'Eglise officielle fut rapidement débordée et ne put empêcher" "l'Eglise des Apôtres" de gagner des régions entières. Ce fut notamment le cas du Midi toulousain où la noblesse locale adhéra largement à la nouvelle religion.


La Croisade


Mais ces idées nouvelles vinrent se heurter à une Eglise accrochée à ses privilèges et d'un débat théologique on en vint bientôt à une crise ouverte où la politique glissa son poison...
Après quelques tentatives de conciliation, comme celle de Saint-Dominique, on en vint aux armes et le Pape Innocent III en appela à la Croisade contre les "hérétiques" ou les "nouveaux manichéens". Et au printemps 1209, l'étendard de la Religion flottait haut pour justifier un affrontement militaire et politique qui deviendra celui de la couronne de France contre le comté de Toulouse...


L'Inquisition

Véritable police religieuse, l'Inquisition était menée par quelques hommes incorruptibles qui traquaient les "mauvaises pensées" de leurs contemporains en s'appuyant sur la délation et la peur.
Si leurs premières cibles furent les nobles et les notables, coupables de croire ou simplement d'aider les "hérétiques", ils s'attaquèrent vite aux petites gens, artisans, marchands ou paysans, décidés à éradiquer totalement le mal de la société... Les effets de cette terrible mécanique de répression furent tels que rapidement, les Bonshommes ne purent se cacher dans les châteaux ou les villes, et durent chercher refuge dans les sites les plus discrets ou les plus inaccessible.
Ce fut notamment le cas du château de Montségur, où ils étaient installés à demeure depuis 1204 et qui devint en 1232 le point de rencontre et le refuge des proscrits.


Montségur

Cette ultime place forte, défi au roi et au pape, fut pris après un ong siège, et plus de 200 personnes montèrent sur leur bûcher le 16 mars 1244. Pour les vainqueurs comme pour les vaincus, Montségur devint un symbole, celui de la fin de "l'Eglise des Apôtres".
Pourtant celle-ci persista encore longtemps dans le silence des montagnes du Comté de Foix. C'est ainsi qu'entre 1250 et 1310, la Haute Vallée de l'Ariège devint l'ultime terre de refuge des Bonshommes, le dernier bastion de résistance pour une poignée d'hommes et de femmes à qui l'histoire allait donner un nom choisi par les vainqueurs : les Cathares.


Le dernier souffle du Catharisme

L'ultime soubresaut parti d'Ax-les-Thermes, où un Bonhomme nommé Pierre Autier réussit à reformer quelques fidèles et à donner de nouveaux cadres à son Eglise. Mais l'Inquisition veillait, et à aucun moment son ardeur ne faiblit...
Pourchassés, traqués, les derniers Bonshommes n'eurent alors d'autre choix que celui de l'exil. Ils se tournèrent assez naturellement vers les terres catalanes avec qui le comtes de Foix maintenaient des relations : protégés plus ou moins ouvertement par les seigneurs de la vallée de l'Ariège, ils savaient que l'Inquisition aurait du mal à les trouver en ce pays où elle était mal implantée. Castelbo, Josa ou Berga devinrent alors de lieux de retrouvailles pour les Bonshommes en fuite.

Si leurs déplacements nous sont attestés par les archives, il n'en reste pas moins que le contact entre les deux versants fut plutôt assuré par les bergers, dont certains étaient par les idées cathares. Ils effectuaient chaque année de longues transhumances pour mener leurs bêtes le plus loin possible au sud. Difficiles à localiser, en perpétuel mouvement, formant des équipes où se rencontraient Ariègeois, Catalans, Andorrans et Aragonnais, ils échappèrent aux recherches et aux persécutions pendant de longues années. Mais le persévérant évêque Jacques Fournier les fit poursuivre jusqu'au cœur des montagnes, et plusieurs d'entre eux finirent leur vie en prison...

Source topo FFRandonnée 

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